Le jeu des enfants modèles, malheureusement, ils n'y jouent pas assez souvent je trouve.
Aujourd'hui; comme très souvent, ils se sont bagarrés. Ça avait pourtant bien commencé, ils jouaient ensemble sans trop se disputer depuis un sacré bout de temps. Ils avaient sorti un bazar invraisemblable sur le balcon pour se faire un bateau : une bassine, deux skate-boards, la table basse du salon, de la ficelle et le parasol ainsi que leurs dalles-puzzle en mousse. J'ai interdit les couettes, faut pas pousser.Puis il a plu, alors j'ai lancé un concours de rangement. Un vrai fiasco, ils ont tout jeté en tas dans leurs chambres. Pour ressortir aussitôt sur le balcon avec tous les parapluies de la maison dans une version "singing in the rain" de la tortue des légions romaines. Ça les a bien occupés, même Céleste.
Et puis, le soir et la fatigue venant, la situation a dégénéré. Les parents cuisinaient dans la cuisine (ça paraît logique), donc le début de l'affaire nous a échappé. On a juste entendu l'habituelle montée en puissance des invectives, suivie de quelques ahanements de boxeurs, enfin les hurlements du vaincu. Rien que de très habituel, somme toute. Puis, plus étonnant, Iris en train de s'excuser… hum, allons voir… Ha oui, quand même, Gabriel avait le haut du dos tout rouge…
- mais enfin Iris, ça va pas ? tu as vu dans quel état tu l'as mis ?
- c'est parce que je peux pas maîtriser ma force et ma colère !
- et puis quoi encore ? (mode "parent autoritaire" enclenché en automatique, veuillez reprendre une dose de Faber et Mazlich d'urgence)
- et puis je me suis EXCUSÉE ! J'ARRÊTE PAS DE M'EXCUSER !
- heu, oui c'est bien, mais bon, il a mal quand même.
Sur ce, pendant que les parents retournaient en cuisine, elle a entrepris de soigner son frère. Elle m'a présenté un tube d'anti-inflammatoire et a mal pris mon interdiction formelle de se servir toute seule dans la pharmacie : "OUI MAIS MOI JE LE SOIGNE AU MOINS GABRIEL, VOUS, VOUS VOUS EN OCCUPEZ MÊME PAS !" Ben non puisqu'elle est là ! :-D Puis elle a voulu savoir si on avait des bandes et m'a regardé avec scepticisme quand j'ai affirmé que ça ne servait à rien dans le cas présent. Après quoi, elle l'a mis au lit pour qu'il se repose avant de manger.
Ils ont rappliqué comme des flèches à l'appel de la pizza, et après le dîner Iris a lu une histoire à Gabriel pour l'endormir (en plus, ça a marché !).
Etonnante Iris. Qui, ne parvenant pas à trouver le sommeil, me confie, consternée : "moi, tout ce que j'ai fait aujourd'hui, c'est taper mon frère". Pauvre choupette !
Elle a oublié qu'elle nous aussi menacés de nous dénoncer à la psychologue scolaire parce qu'on a refusé de l'emmener à Disneyland, à Astérix et au Playmobil Funpark (elle nous avait laissé le choix, pourtant !)…